Réformer la justice

Point de vue intéressant sur l’adéquation entre les institutions judiciaires et la société de Dominique Rousseau :

http://libertes.blog.lemonde.fr/2014/06/09/dominique-rousseau-pourquoi-il-faut-supprimer-le-conseil-detat-et-le-ministere-de-la-justice-par-la-meme-occasion/

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Deux cas d’école (à propos des événements en Ukraine), pointés par Olivier Berruyer.

 

Le premier sur l’AFP :

C’est ici : http://www.les-crises.fr/quand-l-afp-s-emmele/

 

Le deuxième sur ce qu’est un scientifique expert pour  nos médias.

Ici : http://www.les-crises.fr/chronique-du-mensonge-ordinaire-marie-mendras/

Le futur des peuples

Deux articles qui, selon deux perspectives différentes, nous offrent le même regard sur l’avenir des peuples : nous serons des esclaves dans des dictatures où chacun d’entre nous sera surveillé de manière à ce qu’aucune révolution ne prenne naissance.

Le premier est un billet de Caleb Irri, qui explique pourquoi « ils » ne veulent pas sauver le capitalisme :

Ce qui se passe en Afrique, en Europe, des printemps arabes à l’Ukraine en passant par le Mali, n’est rien d’autre qu’une politique de déstabilisation de ces régions pour s’octroyer de « nouveaux marchés » à « peu de frais » (et oui pour eux les morts ne font pas partie des « frais »). En Europe, la « Troïka » (qui n’est rien d’autre qu’un lobby « occidentaliste ») appauvrit les peuples et le prépare à la révolte qui précédera, soi-disant pour lutter contre le « nouveau fascisme », une « Union Sacrée » des partis dits « de gouvernement » qui imposeront la fin totale de la démocratie pour faire allégeance aux États-Unis dans le cadre d’une alliance comme le TAFTA, qui donnera aux multinationales le véritable pouvoir politique.

Les grandes alliances se formant peu à peu, les tensions vont monter jusqu’à ce qu’un des camps soit ruiné ou prêt à combattre. Les bourses s’effondreront d’un coup et le capitalisme sera détruit, remplacé par un régime autoritaire dans lequel l’argent n’aura plus d’utilité, quand chaque mouvement de chaque personne sera alors contrôlé et déterminé sans qu’il puisse faire autre chose que d’obéir. […]

Le progrès technique a rendu possible le contrôle et la surveillance totale possibles, rendant ainsi l’utilisation de la monnaie obsolète et l’esclavage attrayant : pourquoi faudrait-il payer des hommes pour travailler alors qu’il est désormais possible de les y contraindre ? l’argent était jusqu’à aujourd’hui le lien permettant la dépendance des hommes vis-à-vis du pouvoir, mais la technologie le remplace avantageusement. Nos dirigeants n’ont plus besoin du capitalisme pour exercer leur domination, ils ont la force totale. Internet est à la fois l’arme et le rempart qui séparent la démocratie de la dictature. Et il ne fait aucun doute que la bataille pour préserver un internet libre sera notre dernière bataille. Après, nous ne pourrons plus rien faire.

Le second est une entrevue de Fabrice Epelboin intitulée Le monde orwellien, nous y sommes :

On peut parler de monde orwellien dans la mesure où l’on trouve les éléments du célèbre roman 1984 : un État qui surveille les moindres faits et gestes de la population, qui s’immisce de plus en plus dans le domaine du privé, qui contrôle l’information par son emprise sur les médias – les subventionner alors qu’ils sont en situation de faillite chronique depuis des lustres est une bonne solution – et où l’on a un appareil d’État qui impose un vocabulaire – qu’Orwell nomme Novlang et qu’on appelle, nous, “éléments de langage” ou “storytelling”. […]

Le problème tient plus de la passivité des populations, particulièrement en France […] que des États qui, sentant venir de toutes part la révolte des populations, n’ont pas vraiment d’autres options que de se préparer à une guerre froide entre les populations et les gouvernants. Nous avons connu durant l’essentiel de la seconde partie du XXe siècle un guerre froide entre deux blocs, nous entrons dans une période qui se caractérise par une guerre froide entre populations et gouvernants, les technologies de surveillance sont, de ce point de vue, le pendant contemporain de l’arme nucléaire du XXe siècle.

À force de surveiller tout le monde et tout en permanence, que surveille-t-on vraiment ?

[L]a raison en est assez simple : la mise sous surveillance des populations, en France comme aux USA, ne vise pas du tout à lutter contre le terrorisme – qui au passage fait moins de morts occidentaux en un an que le tabac en vingt minutes, il faut aussi relativiser les menaces – mais elle vise des personnes qui n’ont pas le moindre rapport avec le terrorisme, comme des opposants politiques, des activistes, des journalistes, des ONG ou des universitaires. Aucune chance de déjouer le moindre attentat. Par contre, empêcher l’émergence d’une alternative politique, conserver les positions de pouvoir acquises et perturber des investigations journalistiques, voire judiciaires, là, oui. C’est très utile.

On y gagne en stabilité sociale, en empêchant tout changement majeur, tout trouble de l’ordre de la révolte ou de la révolution, et par extension on y gagne sans doute en terme économique, les révolutions sont rarement une bonne nouvelle d’un point de vue économique. On y perd en libertés diverses et variées, à commencer par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Pourrait-on procéder autrement pour mettre cette collecte de données au service de la sécurité et de la protection des citoyens ? Comment ?

En encadrant de façon stricte les services de renseignement et en rendant leur activité transparente ? On voit rapidement le paradoxe que cela engendre. Non, il faut se rendre à l’évidence, de la même façon que l’invention de la bombe nuclaire a donné naissance à la guerre froide, l’invention des technologies de surveillance de masse à donné naissance à une nouvelle ère de l’histoire, qui n’est en rien démocratique. Pour certains pays, cela pourrait n’être qu’un court moment de leur histoire, pour d’autre, cela risque de durer un bon moment.

John Wayne, ce héros

Note en passant, sur une vieille anecdote bien dans l’air du temps : Wayne s’est bien gardé de la faire, la guerre, préférant les studios d’Hollywood. Fin 1944, en pleine forme, il visita un hôpital militaire d’Honolulu en mission de commando de soutien du moral des troupes. On y soignait les Marines blessés à Saïpan, à Truck et à Iwo Jima. Il s’était fait virer comme un malpropre sous les lazzis furieux des blessés qui ne supportaient pas de devoir subir la voix mâle et les encouragements martiaux d’un planqué d’Hollywood, — ainsi est la réalité historique de l’American Dream.

http://www.dedefensa.org/article-john_wayne_falloujah_22_12_2004.html

Nous y sommes

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Aldous Huxley, Le meilleur des mondes (1932)

Finalement, l’Union européenne, c’était une

expérience inédite de construction politique visant à contrer préventivement les coups que pourraient porter à l’ordre capitaliste les mouvements sociaux et politiques. (Cédric Durand, En finir avec l’Europe)

Emmanuel Todd fait le bilan de la présidence Hollande un an après. Quelques extraits d’une entrevue qu’il a faite avec l’hebdomadaire Marianne.

la réforme du marché du travail qui place Hollande à la droite de Sarkozy.

 

Cahuzac […] un médecin préférant l’implant capillaire à la guérison des gens était un amoureux de l’argent. Hollande l’a choisi. C’est une faute morale. Ce choix suggère chez le président une insuffisance de l’instinct de moralité.

 

La vérité aujourd’hui révélée – le hollandisme, par ses bourdes, reste révolutionnaire ! -, c’est que les banques contrôlent l’appareil d’État.

 

Si nous restons dans la zone euro, toute prétention à l’action est une blague. Hollande, c’est un président local dans la zone mark. La réalité, c’est que nous sommes revenus à la situation où la Banque de France était l’affaire des 200 familles. Sauf que, maintenant, ce ne sont même plus 200 familles françaises qui font la loi, c’est l’Allemagne !

 

Ce sont ces patrons, organisés, à l’allemande, qui permettent à Mario Draghi [président de la Banque centrale européenne] de faire des politiques de sauvetage des banques. Il leur faut encore quatre ans pour flinguer définitivement l’industrie française. La durée de la présidence Hollande, justement.

 

Mais là est la preuve ultime de l’insuffisance intellectuelle et morale des classes supérieures françaises : personne n’ose, hors du Front national, poser la question de la viabilité de l’euro, cette monnaie qu’on doit sans cesse sauver, avec un taux de chômage qui s’emballe et des revenus qui plongent. Même Mélenchon n’y arrive pas.

Lire l’article entier ici.